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Brèves
remarques sur l’affaire Maurice Audin et les massacres d’octobre
1961
Olivier Le Cour Grandmaison
Olivier Le Cour Grandmaison est président
de l’association “17 octobre 1961 contre l’oubli”.
L’affaire Audin d’un côté, le massacre, les 17
et 18 octobre 1961 à Paris lors d’une manifestation non-violente
contre le couvre-feu qui leur était imposé, de près
de 300 Algériens par des policiers français agissant sur ordre
de leurs supérieurs et du préfet Maurice Papon en particulier,
de l’autre ; deux drames très différents en apparence.
La guerre d’Algérie les unit cependant. Cette guerre longtemps
sans nom, sans autre nom du moins que celui “d’événements
d’Algérie" grâce auquel, pendant des décennies,
de bonnes âmes politiques, soucieuses de ce qu’elles appelaient
le prestige et l’honneur de la France, désignaient la période
écoulée entre 1954 et 1962. Elles n’étaient pas
les seules ; il y eut aussi des historiens, des universitaires et des journalistes
pour user de cette langue délicate et euphémisée au
service du mensonge et du déni d’Etat. Mensonge et déni
d’Etat qui n’auraient jamais été aussi puissants
s’il ne s’était pas trouvé, dans la société,
des partis de droite et de gauche, des hommes et des femmes ordinaires aussi
pour adhérer aux représentations que cristallisait cette dénomination.
Les “événements" occultaient donc les réalités
atroces de la guerre, puis la guerre elle-même a oblitéré,
lorsqu’il ne fut plus possible d’en nier l’existence,
lorsque ceux qui avaient longtemps refusé de reconnaître qu’elle
avait eu lieu furent contraints de la nommer enfin, les massacres, les exécutions
sommaires, les tortures, les disparitions et les déplacements massifs
et forcés de populations civiles. Le terme de “guerre",
en effet, avait ceci d’avantageux qu’il permettait de qualifier
et, dans le même mouvement, de reconduire le travail de falsification
en jetant un voile pudique, s’il n’était obscène
en vérité, sur le fait que cette guerre n’avait pas
été un conflit conventionnel mais une guerre impitoyable menée
par la France, son armée, sa police et ses escadrons de la mort contre
un mouvement de libération nationale et un peuple en lutte pour sa
liberté et son indépendance.
Aujourd’hui, la situation a changé parce que des historiens,
des intellectuels, des avocats, des militants et des associations n’ont
cessé, inlassablement et pour certains d’entre eux depuis plus
de quarante ans, de s’opposer avec courage aux mystifications de cette
histoire officielle. Les témoignages de victimes[1]
et les aveux d’un chef tortionnaire en service commandé, dont
les supérieurs militaires et politiques connaissaient les agissements
criminels[2], ont également contribué à
ruiner cette dernière. La guerre d’Algérie est devenue
enfin, une question politique publiquement débattue et sur laquelle
doivent se prononcer ceux qui sont en charge des affaires de l’Etat
et ceux qui ont des responsabilités partisanes. Aucun doute cependant,
ils feront tout ce qu’ils pourront pour mettre un terme à cette
situation car, à la veille d’échéances majeures
pour le Président de la République et le Premier ministre,
pour les partis qui les soutiennent aussi, la confrontation à ce
passé, outre qu’elle oblige à des révisions déchirantes
qui portent atteinte à la mythologie politique dont les uns et les
autres se nourrissent – cela vaut également pour le Parti communiste
-, menace leurs petits calculs électoraux. Familiers et amis du pouvoir,
beaucoup plus que de la vérité historique, ils sont prêts
à toutes les compromissions pour y demeurer et pour accéder
à de nouvelles responsabilités. Nul ne peut plus cependant
ignorer les atrocités innombrables commises au cours de cette période,
et l’opinion publique, à laquelle ils prétendent être
si attentifs lorsqu’ils y flairent des thèmes susceptibles
de servir leurs ambitions (qu’ils nomment grands projets pour la France
), a rapidement évolué si l’on en croit certains sondages[3].
Hier encore, ceux qui s’évertuaient à réfuter
l’existence des massacres et des tortures, déclarent maintenant
qu’il ne s’agissait là que de dures nécessités
imposées par les circonstances. D’autres invoquent la fatalité
de ce conflit pour refuser la constitution d’une commission d’enquête
parlementaire sur les faits révélés par le général
Aussaresses[4]. D’autres enfin ne veulent voir, dans
les exactions réitérées de certaines unités
de parachutistes, que des dévoiements limités qui ne terniraient
en rien le lustre des deux Républiques – la IVe et la Ve –
à l’ombre desquelles elles ont été perpétrées
pendant plusieurs années.
Ce que s’évertue à nier le vaste chœur de fiers
républicains de droite comme de gauche, où se retrouvent un
chef de l’Etat et un chef de gouvernement ainsi que leurs fidèles
lieutenants, - sans oublier la petite cour servile des “mitterrandolâtres"
regroupés dans l’Institut François Mitterrand plus soucieux
de défendre la statue de leur défunt commandeur que de reconnaître
la réalité de ses turpitudes passées[5]
- c’est le fait qu’il ne s’est pas agi d’accidents
conjoncturels mais de pratiques liées au fonctionnement même
de l’Etat colonial français[6]. Pratiques
que les responsables politiques de l’époque ont autorisées,
couvertes puis étouffées – y compris en portant très
gravement atteinte, dans la métropole même, à la liberté
d’expression pourtant garantie par les constitutions de 1946 et 1958
– avec un rare acharnement avant qu’ils ne parviennent, par
la multiplication des lois d’amnistie votées avec une belle
constance de 1962 à 1982, à imposer le silence. Rappelons,
à ceux qui aujourd’hui se drapent dans l’autorité
de ces dispositions adoptées par des majorités de droite et
de gauche pour mieux masquer leur lâcheté politique, ce principe
démocratique élémentaire : ce que la loi a fait, dans
des circonstances politiques particulières pour sceller juridiquement
l’oubli de ces événements dramatiques et pour protéger
les responsables politiques et militaires de l’époque, une
autre loi peut le défaire. De plus, comme le note avec force l’avocate
Nicole Dreyfus : “La particularité du crime contre l’humanité
est précisément d’être imprescriptible. (…)
La loi d’amnistie ne devrait pas, en conséquence, s’appliquer
à des infractions considérées comme des crimes contre
l’humanité, qui ne doivent jamais s’effacer de la mémoire
des hommes. C’est le sens même de l’imprescriptibilité”[7].
Cela vaut pour les crimes perpétrés sous l’autorité
du général Aussaresses et de ses supérieurs notamment,
et pour les actes commis lors de la “bataille de Paris au cours de
laquelle près de 300 “Français musulmans d’Algérie",
comme on disait alors, furent assassinés par des forces de police
que dirigeait Maurice Papon.
Oubliée donc l’affaire Audin, oubliés aussi les massacres
d’octobre 1961. La première est pourtant exemplaire car, au-delà
de la personne de Maurice Audin, ce sont plus de 3000 Algériens que
les unités spéciales de Massu, Bigeard et Aussaresses ont
fait disparaître après les avoir torturés puis assassinés.
Bien avant que cette pratique de terreur – celle de la disparition
– ne soit appliquée au Guatemala, au Chili, en Argentine et
dans de nombreux autres pays encore, c’est en France, au cours de
la guerre d’Algérie, qu’elle fut massivement employée
par un régime qui, dans ce pays, était, de facto,
une dictature militaire. Que cette dictature militaire ait été
instituée par le vote démocratique de l’Assemblée
nationale d’une République – la IVe –, dont le
président du Conseil était un socialiste soutenu par les députés
communistes, notamment, ne saurait occulter la nature véritable du
pouvoir qui a été installé à Alger. Au nom de
la lutte contre la subversion, au nom de la défense des intérêts
de la France et de sa place prétendue dans le monde aussi, tout a
été permis aux militaires et à leurs escadrons de la
mort. Les politiques leur avaient demandé “d’extirper
le terrorisme", ils se sont donc attelés à cette tâche
avec les moyens que l’on sait. Enlèvements, séquestrations
arbitraires, tortures, assassinats maquillés en évasion ou
en suicide, exécutions sommaires de prisonniers désarmés
; les généraux Massu, Bigeard et Aussaresses avaient droit
de vie et de mort sur toutes les personnes qu’ils suspectaient et
détenaient. La terreur de masse était leur métier ;
la liberté, l’impunité et le secret dont ils bénéficiaient,
étaient autant de garanties que rien ni personne ne pourrait s’opposer
à l’application impitoyable de leurs méthodes. Quant
à leurs prérogatives, comparables à celles dont jouirent
plus tard les militaires chiliens et argentins, elles étaient liées
à la structure même de l’Etat d’exception qui avait
été instauré de ce côté-là de la
Méditerranée.
Maurice Audin, comme le rappelle sa femme avec lucidité et courage,
n’est qu’un cas parmi beaucoup d’autres anonymes dont
personne ou presque n’a jamais parlé et dont on ne saura sans
doute jamais rien sur les circonstances exactes de leur exécution.
Pire encore, la disparition même de leur corps autorise toutes les
négations car, en procédant comme ils l’ont fait, ces
responsables militaires et leurs séides ont effacé les preuves
de leurs forfaits. Crime d’Etat et sans trace, la disparition[8]
a ceci de singulier qu’elle crée immédiatement les conditions
de la néantisation des actes perpétrés puisque, sans
victime identifiable et localisable, leurs bourreaux, et les actes qu’ils
ont commis, disparaissent également, engloutis par une histoire qu’il
est, sinon impossible d’écrire, du moins très difficile
d’établir. D’autant plus que les années désormais
écoulées, le décès de témoins essentiels
et de quelques tortionnaires, le silence de ceux qui sont encore en vie,
l’arrogance atroce de certains, redoublent en quelque sorte l’évanouissement
des victimes en ajoutant, à leur mort physique, leur effacement symbolique
puisque nul ne peut rien savoir de ce qu’elles sont advenues et que
l’oubli prospère ainsi. Si aucune initiative politique et judiciaire
n’est prise rapidement, les bourreaux et ceux qui ont armé
leur bras, risquent fort d’atteindre leurs objectifs : interdire de
facto la connaissance des faits et rendre tout jugement impossible.
Le temps leur est un allié précieux, il travaille pour eux
et ils le savent bien sûr. C’est pourquoi les atermoiements
et les dérobades du Chef de l’Etat et du Premier ministre ne
sont pas seulement les preuves de leur pusillanimité. En agissant
de la sorte ; ils servent, en dépit de leurs déclarations
ronflantes où l’indignation morale n’est là que
pour mieux faire oublier leurs tergiversations, les assassins à qui
ils assurent une retraite tranquille, protégée par l’impunité
et la raison d’Etat. Qu’ont-ils à proposer, ces valeureux
défenseurs des droits de l’homme et du prestige de la France
pour sanctionner le criminel Aussaresses ? Sa radiation de la deuxième
section du cadre des officiers généraux et le retrait de ses
décorations ! Quelle audace ! Et quelle déception pour tous
ceux qui luttent, au Chili et ailleurs, contre l’impunité de
leurs propres tortionnaires ! Des crimes contre l’humanité
d’un côté, quelques menus avantages et quelques breloques
retirés au bourreau de l’autre, voilà qui doit faire
trembler d’effroi celui qui est passé aux aveux et les autres
assassins français encore en vie. Que l’actuel président
de la Ligue des Droits de l’Homme se soit joint à ce concert
consensuel est plus singulier, plus troublant aussi[9].
L’association prestigieuse qu’il dirige a, par le passé
et dans d’autres domaines, pris des positions autrement plus courageuses.
3000 disparus donc au cours de la guerre d’Algérie, c’est
à peu près le nombre de ceux qui, au Chili après le
coup d’Etat du général Pinochet et l’œuvre
de ses caravanes de la mort, ne sont jamais réapparus. Rappelons
donc au Président de la République, au Premier ministre et
aux partis qui les soutiennent, qu’en 1979, l’Assemblée
générale des Nations unies a déclaré que le
cas des personnes “disparues" dans ce pays d’Amérique
latine “témoigne d’une situation continue de violations
flagrantes et massives de droits de l’homme”[10].
Qu’ils se souviennent aussi qu’il était exigé
des autorités chiliennes qu’elles enquêtent et qu’elles
fassent la lumière sur le sort de ces personnes. Nos gouvernants
de tout bord, qui ont salué récemment, à l’occasion
des actions judiciaires engagées contre l’ancien dictateur
chilien, les progrès de la justice internationale et l’avènement
d’un nouvel ordre judiciaire destiné à sanctionner,
où qu’ils se trouvent, les criminels et les tortionnaires galonnés
ou civils, seraient bien avisés d’appliquer, ce qu’ils
disent être des principes fondamentaux et intangibles, à leur
propre pays. Leur inaction est odieuse au regard des crimes perpétrés
pendant la guerre d’Algérie. De plus, elle risque aussi d’accréditer
l’idée – cette idée qui sert si bien les intérêts
des criminels d’Etat qui cherchent à échapper aux poursuites
dont ils font l’objet ou qui contestent la légitimité
de certains tribunaux internationaux – que la justice qu’ils
prétendent défendre n’est qu’une justice au service
des vainqueurs et des puissants qui, en raison même de leur statut,
peuvent jouir d’une totale impunité.
Quant aux massacres d’octobre 1961, ils appartiennent pleinement à
cette guerre d’Algérie dont beaucoup oublient qu’elle
fût également menée sur le sol même de la métropole
contre les militants du FLN et la population civile algérienne qui
vivait en France[11]. Ce n’est d’ailleurs
pas un hasard si Maurice Papon, après avoir exercé ses talents
à Constantine sous la IVe République et s’être
distingué auprès de ses supérieurs pour son efficacité
et sa “fermeté", comme on disait alors, fut nommé
préfet de police de la capitale. Sa mission : tenir la ville coûte
que coûte et lutter, sans merci, sur le front intérieur cette
fois pour briser l’organisation du FLN à Paris et terroriser
les milliers de travailleurs Algériens et leurs familles, cette “cinquième
colonne" tant redoutée par les autorités politiques et
policières de l’époque. Ici aussi, des enlèvements,
des séquestrations arbitraires, des tortures, des exécutions
sommaires et des disparitions ont été organisés et
perpétrés. Contrairement à l’image d’Epinal
entretenue, aujourd’hui, par de vaillants républicains à
la mémoire singulièrement courte, leur douce France, fille
aînée des droits de l’homme et du citoyen comme ils se
plaisent à le claironner sur tous les tons, n’a pas échappé
au règne de la terreur. Terreur que faisaient peser, sur ces populations
immigrées, la police parisienne et les supplétifs harkis auxquels
elle avait recours. Plus précisément, deux ordres distincts
étaient alors en vigueur dans l’hexagone. L’un était
républicain, il valait pour les Français de “souche"
dont les droits fondamentaux étaient respectés pour autant
qu’ils ne contestent pas la guerre en cours et qu’ils n’en
dénoncent pas les horreurs, sans quoi leurs écrits ou leurs
œuvres, – ce fut le cas du cinéaste J. Panijel réalisateur
d’Octobre à Paris – étaient alors impitoyablement
censurés ou saisis. Eux du moins ne risquaient pas d’être
assassinés ou de disparaître. L’autre était un
ordre d’exception dont les sujets, privés de tout droit parce
que leurs droits pouvaient, à tout moment, être suspendus sur
décision du pouvoir politique ou sur ordre du préfet, étaient
les “Français musulmans d’Algérie". Taillables
et corvéables à merci, ils étaient aussi “tuables"
sans que cela ne soit un crime car, pour les responsables politiques et
policiers, derrière chaque “bicot", derrière chaque
“bougnoule" sommeillait un activite du FLN. Si en métropole,
les victimes furent infiniment moins nombreuses que de l’autre côté
de la Méditerranée, cela ne modifie en rien la nature des
actes commis avant, pendant et après la manifestation pacifique des
Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Là encore, il
s’agit de crimes contre l’humanité car ceux qui ont été
séquestrés, exécutés, enlevés, noyés
parfois, l’ont été pour des raisons raciales, politiques
et religieuses[12]. Il y a là un événement
qui, en raison de sa gravité, de son ampleur et de ses implications,
ne saurait, en aucun cas, être considéré ni comme une
déplorable bavure liée aux circonstances et aux passions de
l’époque, ni comme une histoire spécifique à
la capitale. On dit le maire de Paris prêt à déposer
une plaque à la mémoire des victimes algériennes, ce
n’est que justice mais cela ne saurait dispenser les plus hautes autorités
politiques de ce pays de reconnaître publiquement, qu’en ces
jours d’octobre 1961, un crime imprescriptible a été
commis par l’Etat et ses zélés serviteurs, un crime
qui a une qualification juridique précise et un nom : “crime
contre l’humanité".
1 Cf. L. Ighilahriz. Agérienne, récit
recueilli par A. Nivat, Paris, Fayard/Calmann-Lévy, 2001.
2 Général Aussaresses. Services spéciaux.
Algérie 1955-1957, Paris, Perrin, 2001. Rappelons que ce sont
des parachutistes agissant sous ses ordres qui ont arrêté, torturé,
assassiné et fait disparaître Maurice Audin. De plus, Aussaresses
avoue s’être immédiatement rendu dans l’appartement
de ce dernier lorsqu’il eut connaissance de son arrestation.
3 “ Une majorité de Français (59 %) se
déclarent favorables à ce que les “autorités reconnaissent
leurs responsabilités” (30 % opposés et 11 % sans opinion),
selon un sondage CSA réalisé les 23 et 24 novembre 2000 ”,
Le Monde, 26 novembre 2000.
4 Telle est la position du Président de l’Assemblée
nationale, R. Forni, qui affirmait tranquillement : “Une guerre charrie
toujours un cortège d’atrocités”. Le Monde,
6 et 7 mai 2001. Dans un autre registre, signalons aussi cette délicate
péroraison de J. Myard (député RPF des Yvelines) qui
demandait que l’on mette un terme à “l’autoflagellation,
sinon je demande une commission pour déterminer qui a tué le
Christ”, Le Monde, 4 mai 2001.
5 Le 5 novembre 1954, Fr. Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur
déclarait que : “l’action des fellaghas ne permet pas de
concevoir, en quelque forme que ce soit, une négociation. Elle ne peut
trouver qu’une forme terminale, la guerre”. Cité par M.
Ferro. Histoire des colonisations, Paris, Seuil, 1994, p. 341. Le
12 novembre de la même année, il ajoutait : “Des Flandres
au Congo, il y a la loi, une seule nation, un seul parlement. C’est
la constitution et c’est notre volonté”. Cité par
R. Girardet. L’idée coloniale en France, Paris, Pluriel/Hachette,
1995, p. 339. De plus, comme le révèle une enquête de
l’hebdomadaire Le Point du 31 août 2001, on sait maintenant
qu’il approuva, en tant que ministre de la justice – fonction
qu’il occupa du 1er février 1956 au 12 juin 1957 – les
exécutions de 32 militants nationalistes algériens.
6 Cf. entre autres sur ce sujet Yves Benot. Massacres
coloniaux 1944-1950 : la IVe République et la mise au pas des colonies,
Paris, La Découverte, 2001.
7 N. Dreyfus. “ Le massacre couvert par l’impunité
judiciaire. ” in Le 17 octobre 1961. Un crime d’Etat à
Paris, sous la dir. de O. Le Cour Grandmaison, Paris, La Dispute, 2001,
p. 85.
8 Sur ce sujet, cf. entre autres, sous la dir. de A. Brossat
et J-L. Déotte. L’époque de la disparition. Politique
et esthétique, Paris, L’Harmattan, 2000.
9 Cf. La tribune libre de Michel Tubiana intitulée
: “ Plus de décorations pour Aussaresses et ses pareils. ”
publiée in Le Monde, 5 mai 2001. Beaucoup plus courageuse,
plus remarquable et plus juste aussi, est la prise de position de Patrick
Baudouin, président d’honneur de la Fédération
internationale des Ligues des droits de l’homme qui exigeait le jugement
d’Aussaresses pour crimes contre l’humanité. Cf. sa contribution
au débat : “ Le juger pour crimes contre l’humanité.
” in Le Monde, 18 mai 2001.
10 Cité par Amnesty International in Les “
disparus ”. Rapport sur une nouvelle technique de répression,
Paris, Seuil, 1982, p. 133.
11. Cf. P. Péju. Ratonnades à Paris
précédé de Les harkis à Paris, Paris,
La Découverte, 2001. Et sur les massacres d’octobre 1961, J-L.
Einaudi. La bataille de Paris : 17 octobre 1961, Paris, Le Seuil,
1991 ainsi que Octobre 1961 un massacre à Paris, Fayard, 2001. A. Tristan.
Le silence du fleuve : ce crime que nous n’avons toujours pas no
mmé, Editions Au nom de la mémoire, Bezons, 1991. Et, sous
notre direction. Le 17 octobre 1961. Un crime d’Etat à Paris,
La Dispute, 2001.
12 Sont considérés comme des crimes contre
l’humanité, “ la déportation, la réduction
en esclavage ou la pratique massive et systématique d’exécutions
sommaires, d’enlèvements de personnes suivis de leur disparition,
de la torture ou d’actes inhumains, inspirées par des motifs
politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisées en exécution
d’un plan concerté à l’encontre d’une population
civile. ” Nouveau Code pénal, chapitre II, art. 212-1,
p. 168.